On l’appelle la recharge de niveau 1, la recharge d’appoint, ou tout simplement « se brancher sur le 120 V ». Pour plusieurs nouveaux propriétaires de véhicules électriques habitant en multilogement, ces prises standards sont la solution à laquelle ils ont accès, une solution gratuite.

Pourtant, il n’y a rien de gratuit en copropriété, et encore moins d’inoffensif. Ce branchement improvisé qui vous dépanne aujourd’hui cache un fardeau financier pour vos voisins, un casse-tête juridique pour votre syndicat et un réel danger de surcharge pour le bâtiment. 

Le vol d’électricité

Les prises de courant situées dans les garages ou les stationnements extérieurs d’un immeuble de condos sont presque toujours branchées sur le compteur des parties communes.

  • Qui paie la facture ? L’électricité consommée par ces prises est payée collectivement par l’ensemble des copropriétaires à travers leurs charges communes (frais de condo).
  • Le coût réel : Même si la recharge sur du 120 V est lente, un VÉ branché tous les soirs peut facilement ajouter plusieurs dizaines de dollars par mois sur la facture d’Hydro-Québec du syndicat.
  • La conséquence : En vous branchant sur cette prise sans autorisation écrite et sans méthode de remboursement, vous utilisez les fonds de vos voisins pour faire rouler votre voiture. C’est techniquement du vol d’électricité, et c’est le meilleur moyen de déclencher une guerre de voisinage.

Un risque réel de surcharge et d’incendie

Les prises 120 V que l’on retrouve dans les garages n’ont jamais été conçues pour soutenir une demande d’énergie maximale pendant 10, 12 ou 15 heures consécutives.

  • Le maillon faible : Une prise domestique standard s’use avec le temps. Le branchement continu d’un appareil aussi énergivore qu’une voiture électrique crée une chaleur intense au niveau des contacts électriques de la prise.
  • Le danger de surchauffe : Si la prise est vieille ou de qualité résidentielle de base, cette chaleur peut faire fondre le boîtier de plastique ou, pire, initier un incendie derrière le mur de gypse.
  • Le disjoncteur qui saute : Ces prises partagent souvent le même circuit électrique que les ouvre-portes de garage, l’éclairage de sécurité ou les pompes de puisard. En branchant votre VÉ, vous risquez de faire sauter le disjoncteur de l’immeuble, plongeant le garage dans le noir ou bloquant l’accès aux voitures de vos voisins.

Le refus de couverture par les assurances

C’est l’argument ultime qui devrait convaincre n’importe quel syndicat ou copropriétaire de bannir cette pratique : les assurances immobilières.

Si un sinistre (début d’incendie, dommages électriques) survient dans les parties communes et que l’enquête démontre qu’il a été causé par la recharge non autorisée d’un véhicule sur une prise non conforme :

  • L’assureur du syndicat pourrait refuser de payer pour les dommages.
  • Votre propre assureur responsabilité civile pourrait également se désister en raison d’une utilisation non conforme des équipements communs.
  • Vous pourriez vous retrouver personnellement poursuivi pour des centaines de milliers de dollars de dommages par votre propre syndicat de copropriété.

Une lenteur décourageante (surtout l’hiver !)

Au-delà des risques pour l’immeuble, la recharge à 120 V (recharge de niveau 1) est d’une lenteur frustrante. Elle récupère en moyenne seulement 6 à 8 kilomètres d’autonomie par heure de recharge.

  • Le piège de l’hiver québécois : Par temps très froid, une bonne partie de l’énergie provenant de votre prise 120 V ne sert même pas à recharger la batterie… elle sert simplement à la réchauffer pour qu’elle puisse accepter l’énergie ! Par -20 °C, votre autonomie récupérée pourrait frôler le zéro absolu après une nuit complète de branchement.
  • Une solution inadéquate : Pour les trajets quotidiens d’un travailleur moyen, le 120 V s’avère rapidement insuffisant, vous obligeant à fréquenter les bornes publiques rapides (BRCC), beaucoup plus coûteuses.

Le conseil de Murbly

Si vous voyez un voisin branché sur une prise commune, n’attendez pas que la situation s’envenime. Proposez plutôt au conseil d’administration d’ouvrir la discussion sur l’électrification globale du garage. C’est le moment idéal pour profiter des subventions gouvernementales disponibles (comme Éco Recharge) pour structurer le projet une fois pour toutes ! 

Pour vous faire accompagner par nos experts dans cette transition électrique et obtenir une soumission d’étude de faisabilité globale, c’est ici.