Une étude récente menée par Dunsky Énergie + Climat apporte un éclairage nouveau sur la façon d’aborder la recharge dans les immeubles existants. L’analyse compare deux stratégies très répandues et examine leurs impacts, tant sur les coûts que sur la capacité du réseau.

Bien que cette analyse repose sur des hypothèses propres à l’Ontario, les conclusions sont pertinentes pour de nombreuses régions au Canada. Toute province où les immeubles multilogements sont répandus et où l’adoption des véhicules électriques progresse peut tirer des enseignements utiles de cette étude, notamment en ce qui concerne la planification, les coûts et l’impact sur le réseau électrique.

Ce que l’on retient : la manière d’intégrer la recharge aujourd’hui influence directement la flexibilité et les dépenses de demain.

Deux façons d’intégrer la recharge, et deux résultats très différents

L’étude met en parallèle deux approches couramment observées dans les copropriétés :

1. Ajouter des bornes au cas par cas

Cette stratégie consiste à répondre aux demandes une à une, que nous appelons approche individuelle. C’est souvent la voie la plus simple à court terme. 

Mais Dunsky note que cela entraîne :

  • des travaux électriques répétés et dispersés,
  • des coûts qui s’accumulent au fil des années,
  • des pointes de consommation plus difficiles à gérer.

2. Préparer tout l’immeuble à l’avance (approche EV-Ready)

Ici, l’idée est de faire une mise à niveau unique et coordonnée afin de préparer toutes les places de stationnement à l’installation future d’une borne de recharge de niveau 2. C’est ce que nous appelons l’approche globale.

Cette approche permet notamment :

  • de planifier les travaux une seule fois,
  • de réduire les dépenses globales,
  • d’intégrer des technologies de gestion d’énergie (SGÉVÉ).

Ce que disent les chiffres : l’approche globale allège la pression sur le réseau

L’une des conclusions fortes du rapport est la différence d’impact sur le réseau électrique selon la stratégie choisie.

  • Dans un scénario où les bornes sont ajoutées une à la fois, les coûts liés à la demande sur le réseau pourraient augmenter d’environ 3,5 % d’ici les années 2040.
  • Avec une approche EV-Ready, cette hausse tomberait plutôt autour de 2,5 %.

Autrement dit, penser à l’ensemble du bâtiment permettrait de réduire d’environ 60 % la pression marginale sur le réseau.

Des avantages nets pour tous les abonnés

L’étude évalue aussi les bénéfices économiques entre 2025 et 2050.

Résultat :

  • L’approche individuelle génère environ 50 M$ en bénéfices nets pour les abonnés au réseau.
  • L’approche EV-Ready en génère plutôt près de 70 M$.

La différence s’explique notamment par :

  • des travaux d’infrastructure moins coûteux,
  • une recharge plus prévisible,
  • une adoption facilitée des véhicules électriques.

Pourquoi ces résultats comptent pour les copropriétés

Ce que l’étude montre, au-delà des chiffres, c’est que la recharge dans les immeubles résidentiels à logements multiples (IRLM) n’est pas seulement une question de bornes.

C’est surtout une question de planification.

Ajouter les bornes une à une ne permet pas toujours d’anticiper ce que l’immeuble peut réellement soutenir à long terme. Avec l’arrivée progressive des véhicules électriques, cette manière de procéder peut entraîner des surprises : dépassements de capacité, retards, coûts additionnels.

À l’inverse, une approche globale — lorsqu’elle s’applique à la réalité du bâtiment — permet de :

  • garder le contrôle sur les dépenses,
  • éviter les interventions répétées,
  • traiter tous les copropriétaires équitablement,
  • assurer une transition fluide vers l’électrification.

Chaque immeuble est unique, bien sûr. Mais l’étude donne des points de repère solides pour guider la réflexion des conseils d’administration et des gestionnaires.

En résumé

L’électrification des copropriétés ne se fera pas du jour au lendemain. Mais une chose ressort clairement du rapport : une planification collective permet d’éviter bien des difficultés et d’assurer une transition plus simple, plus durable et plus économique pour l’ensemble des occupants.

Pour en savoir plus

Le rapport complet (en anglais) est disponible ici :